HENRY BLUE BLOOD NARANAYA à Maubeuge

Pour ce projet, je me propose d’explorer la décontextualisation du cowboy moderne et sa résurgence. Sous les traits d’un paysage atypique et urbain, l’essence classique des westerns d’antan (mise en scène, accessoire, certains éléments de décor, etc.) cherchera un souffle nouveau. Décalé et déraciné, le cowboy émergera du béton et confirmera son statut éternel et légendaire. Les éléments nouveaux et atypiques transformeront la référence classique en fonction du contexte, lequel n’obéit plus aux lois du nomadisme, mais répond à l’inévitable capsularité contemporaine.

LE COWBOY BLUE BLOOD NARANYA
Ce sont peut-être ses yeux bleus ou son sang froid qui lui ont valu ce surnom. Qu’importe. Puisque son regard perçant, son esprit calculateur et logique et son imperturbabilité font de lui un ennemi redoutable et un allié hors pair. Solitaire comme le sont tous les cowboys, il parcourt le monde à la recherche d’une paix intérieure à travers la conquête de ses origines francophones. Il a grandi dans un ranch du centre de l’Alberta. Il parle peu, mais cherche la compagnie de ses semblables. Afin, de conserver des traces de ses passages dans différentes villes, il emporte toujours avec lui un cahier à dessin qu’il alimente au fil de ses rencontres et découvertes. Il est également un excellent joueur d’harmonica.

Format
Je souhaite présenter une série de photographies de ce nouveau cowboy des temps modernes. Ce projet en arts visuels fut réalisé dans un premier temps à Montréal et sera recontextualisé afin de bien l’intégrer à réalité des gares. J’ai choisi d’investir ce lieu, car il représente une mobilité, une façon de décloisonner l’œuvre d’art de sa présentation classique. Je veux permettre une plus grande mobilité à l’œuvre et l’inscrire concrètement dans le paysage et le quotidien des habitants de la communauté. Ce dispositif permettra aux étudiants de différentes structures avec lequel je travaille de prendre le train afin d’y découvrir l’art, mais aussi le territoire. Cette manifestation permettra aussi d’ouvrir vers un extérieur rural qui est souvent oublié dans ce genre de prestation. J’ai sélectionné le projet du cowboy pour son sujet qui est directement en lien avec les trains. Les westerns tels que nous les connaissons aujourd’hui ne seraient pas des westerns sans train. La mort du métier de vacher arrive d’ailleurs par la modernisation du train.

Le cowboy est aussi une représentation du nomade, du voyageur il est l’archétype d’un élément toujours en mouvement tel le train. Je vais repositionner avec précision la figure mythique et américaine de jadis dans un contexte urbain et périurbain qu’est ce territoire. L’urbanité qui semble moins bien se prêter à ce jeu favorise en réalité la secrète survie du héros solitaire et révèle son rapport à la démesure et à l’anonymat.
J’ai également voulu intégrer une de mes œuvres au réseau ferroviaire, car lors d’un passage dans cette région, j’ai réalisé un petit film avec les jeunes qui fréquentaient le centre social La Florentine ainsi qu’avec des retraités de la SNCF. J’ai dès lors compris l’importance et l’implication du chemin de fer et de la SNCF sur le territoire et surtout à l’intérieur de l’agglomération. J’ai aussi constaté que d’anciennes gares de train ont été sauvées de la destruction en devenant tout simplement des lieux voués à la culture. Tous ces éléments m’indiquent clairement que l’art doit prendre le train et être vu par tous.

Vous pourriez voir les photographies d’Henry Blue Blood Naranaya dans le passage souterrain de la gare de Maubeuge et d’Aulnoye-Aymeries ainsi qu’un vidéo à la gare numérique de Jeumont.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *