ᐃᓄᑦᔪᐊᖅ 58° 27′ 15″ Nord 78° 06′ 07″ Ouest

Le soleil brille à toutes heures de la journée. La nuit n’existe pas vraiment en ce moment.
J’arpente, je regarde, je me pose, je repars et j’évolue dans un village qui ressemble à pleins d’autres du Québec à quelques différences près. Les maisons sont construites sur pilotis, si je peux me permettre d’utiliser ce terme.

Voici un lien fort intéressant qui explique la construction des habitations au Nunavik:
ENJEUX DANS LA CONSTRUCTION DE LOGEMENTS AU NUNAVIK

Ce matin ils sont venu remplir mon réservoir d’eau potable. L’eau est pompée dans la rivière et nous est distribuée par le service municipal. Mon corps n’est pas encore habitué à cette eau, je dois la faire bouillir. Et je me garde une cruche au frigo.

J’effectue beaucoup de recherches sur ce qu’est Inukjuak, car je ne suis pas certaine de tout comprendre. Je suis dans un univers qui m’a été compté. Toute jeune, dans les années 80, nous apprenions qu’ils y a des gens qui habitent complètement au nord de la province. On nous disait qu’ils chassaient et pêchaient, qu’ils avaient vécu dans des igloos et qu’ils se vêtaient de peaux de bêtes. Je crois que nos professeurs ne savaient pas grand chose à se sujet.

« INUKJUAK tire son nom du passé, car le mot signifie « en ce lieu vivaient de nombreux Inuits ». Aujourd’hui la collectivité compte plus de 1000 Inuits.
C’est sans doute dans les environs d’Inukjuak qu’on trouve les plus beaux paysages de tout le Nunavik. Les falaises escarpées des îles font face à la côte ; il est fort agréable de naviguer le long de ces falaises en été car la mer n’y est guère agitée, surtout quand le vent ne souffle pas trop fort ou qu’il vient du large. En hiver, la banquise est presque aussi lisse que le plancher d’une maison, si bien qu’on s’y déplace rapidement en qamutik.

Inukjuaq est l’endroit où s’installèrent les premiers marchands français, Revillon Frères, vers 1902. Il ne reste plus qu’une des bâtisses qu’ils ont érigées. Je me souviens très bien d’eux, car ils employaient mon père. Les Inuits possèdent encore aujourd’hui certains des objets que vendait la société Revillon, surtout des pièges à renard.

Inukjuaq est aujourd’hui l’un des plus grands villages du Nunavik. La population blanche n’est pas très nombreuse, et les Qallunaats qui y travaillent s’en vont habituellement quand leur projet est terminé. Les principales ressources d’Inukjuak sont le caribou et le phoque, et l’on peut y pêcher en hiver sur les lacs. Les Inuits d’Inukjuak, jeunes et vieux, parlent encore inuktitut. Les rares Inuits qui maîtrisent bien l’anglais ne le parlent qu’avec les Qallunaats.

Les attelages de chiens sont nombreux dans cette communauté aujourd’hui. Après n’avoir utilisé que les motoneiges, les Inuits sont revenus à la manière traditionnelle. Le prix d’une motoneige varie de 7000 à 10 000 $ et continue à augmenter, tout comme celui de l’essence. Les difficultés sont nombreuses pour les habitants du Nord, d’autant plus que les emplois sont rares. »
Texte par Taamusi Qumaq (1992)

Voir le Site de l’Institut Culturel Avataq

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