Oeuvres

Ce texte décrit la démarche des portfolios de type Oeuvres

Vieux Jeux

La série photographique Vieux jeux met en exergue et interroge la place du souvenir et du jeu chez les personnes âgées. En imposant des objets ludiques et enfantins à ses sujets, Elle construit des interstices entre le passé et le présent et/ou le réel et l’irréel. Les objets et les espaces sélectionnés jouent le rôle de symbole. En ayant recours à l’imagination et aux souvenirs d’octogénaires, ces photographies instaurent des associations créatrices par la voie de l’analogie et du contraste, par la polysémie et l’ambiguïté. Les mises en scène sont illogiques et déraisonnables et mettent en scène ces personnes âgées rejouant leur enfance. Ces contes étranges mêlent la nostalgie à l’amusement tout en juxtaposant un sentiment de mal-être. La mort joue et rit de la vie et le souvenir en devient l’enjeu principal.

Texte d’Aliette Mahé.

Billes bleues ciel

Toupie

Combat

Bourle

Bourle

Mont-Saint-Michel

Marelle

fusil peche sautalacorde souffleteresouffle tennis yoyo

 

Jeux du Nord

Jeux du Nord dépeint, dans cette série de photographies, le quotidien et les loisirs des jeunes adolescents inuits qui, au seuil de l’âge adulte, abandonnent leurs jouets pour de nouvelles occupations.  Ainsi, à la manière d’une anthropologue, elle a vécu trois mois en totale immersion sur le territoire du Nunavik, confrontée à la solitude, la barrière de la langue, ainsi que la méfiance et la lassitude de la population envers les voyageurs. C’est au travers du jeu que, jour après jour, l’artiste est parvenue à tisser des liens avec les jeunes filles d’Inukjuak. En partageant des activités ludiques et créatives comme la couture et le déguisement, celles-ci se sont laissées photographier, parées de chapeaux et de peaux de bêtes, dans des situations à la fois spontanées et provoquées par l’artiste.

Les garçons ont quant à eux accepté de l’amener dans leurs périples quotidiens : à la pêche, à la chasse, ou lors d’un dépeçage de caribou. En mêlant fiction et réalité, les photographies se tiennent à distance du reportage documentaire, contourne les clichés et stéréotypes, et offre un angle de vue onirique et original. Face aux paysages désertiques et spectaculaires dans lesquels les scènes prennent place, on ressent le caractère à la fois rude et fascinant du Grand Nord. Tandis que la composition très travaillée et les couleurs ne sont pas sans évoquer le domaine pictural, la présentation en diptyque et en triptyque renforce l’aspect narratif de cette série de photographies.

— Ophélie Chalabi

Tricycle

Perdre la tête

Renard

Crystal

Danse

Magicienne

En morceaux

La chasse au phoque

Kick la canne

Autour de moi

Repas interrompu

Cabane

 

 

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Une nuit au port

 

Dans le cadre de Géographie variable programme d’échange entre la France et le Québec, l’artiste Sandra Lachance était en résidence de janvier à avril 2011 à l’enclos du port, un lieu d’art lié à l’École européenne supérieure d’art de bretagne (Lorient). Elle a réalisé un projet multidisciplinaire ( photographie, dessins, cuisine) sur un sujet propre à la ville dans laquelle elle se trouvait : le poisson. Durant ces quelques mois, elle a rencontré différents acteurs du domaine de la pêche et s’est intéressée aux étapes de commercialisation et de transformation du poisson, ressource naturelle et économique de la région. Depuis, une dizaine d’années, Sandra Lachance, s’intéresse au sujet moderne et à la solitude qui en émerge.

D’où est venue cette idée de travailler sur le poisson ?

Je me suis demandé ce qui caractérisait la ville de Lorient. Lorsque j’ai appris que Lorient était considérée comme le deuxième plus gros port de pêche de France, l’évidence m’est apparue. J’aime me mettre en péril dans ma pratique, faire autre chose dont j’ai l’habitude. Tous les projets artistiques que j’ai réalisée ces dernières années avaient pour point de départ un intérêt pour l’être humain, pour la psychologie, individuelle et collective. En un sens, j’avais intégré les leçons de ce que d’autres ont appelé l’art relationnel. Mais cette fois-ci, je souhaitais faire autrement. Je voulais travailler sur des objets, en l’occurrence le poisson, plutôt que sur des sujets humains. Et comme je suis allergique à tous produits de la mer, il y avait dans le choix de ce sujet de recherche des défis réels.

En regardant l’ensemble de cette production, on s’aperçoit qu’il n’y a pratiquement pas de figure humaine.

On parle souvent des pêcheurs. Nous savons tous qu’il y a de graves crises dans l’industrie de la pêche. Je ne souhaitais pas aborder ces problématiques. Contrairement à mes réalisations antérieures, c’est l’indice de l’activité humaine qui m’intéressait plutôt que le sujet humain en lui-même. Je me suis donc intéressé à la machinerie, aux boîtes de transport, aux lieux de transitions de la marchandise. Une poésie froide se dégageait de ces lieux et me fascinait. C’était bleu. Tout était bleu, surtout à la lumière du lever du jour. J’aimais cet univers d’eau et de glace. Je souhaitais montrer l’aspect presque clinique de l’industrie de la pêche, esthétiser les éléments avec lesquels les travailleurs vivent au quotidien, peut-être pour intéresser une population nouvelle à cet univers. Malgré tout, même si j’ai voulu m’éloigner de l’être humain pour travailler sur des objets et des sujets inanimés, je n’ai pratiquement travaillé qu’avec eux, avec des humains. Par exemple, la chef bretonne Nathalie Beauvais a préparé des entrées spécialement conçues pour le soir du vernissage ; c’est à dire avec les poissons exposés pour la soirée.

Et sur le plan technique, pourquoi as-tu préféré travailler avec un appareil argentique plutôt qu’avec le numérique ?

Comme je travaille la photographie de nuit, je préfère la qualité de l’argentique, le lenteur de pauses. Et puisque je développe généralement en grand format, je n’ai pas de problème de résolution avec l’argentique. C’est toujours la lumière qui motive mes choix de scènes à photographier. Je cherche à capter des instants très futiles de lumière. C’est le propre de la photographie de marquer la mort d’un temps, d’un espace, qui ne dure que trois ou quatre secondes. Par mes cadrages, je ne montre que quelques éléments et laisse le soin aux spectateurs d’imaginer le hors champ. L’appareil photo me permettait d’arrêter le temps dans cette course vers la fraîcheur des poissons.

Comment s’est passée ta relation avec les gens du port ?

Ils trouvaient très bizarre que je photographie des boîtes de styromousse, des caisses de plastique ou des morceaux de glace à moitié fondus. Je leur disais que je souhaitais seulement ouvrir une brèche dans le quotidien pour leur montrer avec un œil différent, sensible aux subtilités de la couleur et de la lumière, un univers qu’ils ne voient pas à force d’habitude. Lorsque je leur montrais les photos, je leur disais de regarder la lumière qui se levait à peine dans le lointain. Ça en convainquait certains, ça leur faisait voir les choses un peu différemment.

Tu t’intéressais donc à quelque chose qu’on ne voit pas souvent autour du poisson. Tu avais le goût d’un regard inusité sur le sujet, tu t’obligeais à passer outre tes propres pensées stéréotypées en regard de l’univers de la pêche. Mais ceci est contraire de ta manière de faire en générale, où tu plonges à fond dans ces clichés liés aux univers populaires. Je pense au projet avec les personnes âgées, Vieux jeux, à ton projet avec les prisonniers, L.O.O.S matricule 4444, et à ton tout dernier projet avec le cow-boy, Héros moderne.

Je travaille avec des sujets populaires, parce que je tiens à faire exister par l’art des beautés quotidiennes. Et il est toujours important pour moi que les individus avec qui je travaille soient les premiers destinataires de mes œuvres. Il ne s’agit jamais d’instrumentaliser des personnes pour les réintroduire en sujet d’observation dans le monde de l’art. Mes vernissages se destinent toujours en premier lieu aux gens avec qui j’ai travaillé. Je crois fermement que l’art doit premier lieu s’adresser à différents types d’individus qui ont des bagages culturels variés. Il s’agit d’intégrer à l’œuvre une multitude de couches de sens et une variété d’esthétiques qui pourraient bien attirer différents types de public. C’est ce qui explique la facture éclectique et populaire de mes installations photographiques. C’est la beauté du quotidien qui m’intéresse, la beauté des sujets anodins. Je parle souvent de capsularité. Ce concept de René Lapierre me motive énormément. Par «  capsularité », j’entends une spatialité et une temporalité réduite. L’aventure ne se vit plus en expansion, mais en réduction. L’évasion, comme l’aventure, se vit donc vers l’intérieur et non vers l’extérieur. Dans l’espace urbain et technologique qui m’entoure et nous englobe aujourd’hui , les limites de la capsularité deviennent de nouvelles frontières avec lesquelles tout individu doit composer. L’individu ou -le héros comme je le nomme parfois- ne vit plus d’actions et d’aventures recambolesques. Il s’enfonce plutôt dans son propre anonymat. Il vit des actions, inhérente à la capsularité, agit comme une valeur de refuge. La photographie permet d’approcher et d’exprimer la solitude et la fuite qu’elle engendre. Le cadre ( autant celui de l’appareil que celui de la photographie) isole le sujet du monde extérieur et ouvre l’intérieur aux regards. Chacun peut s’y mirer et contempler à l’infini sa propre imagination et les aventures qu’elle invente.

Texte de Ève Dorais

Une nuit au port

Une nuit au port

Une nuit au port

Une nuit au port

Une nuit au port

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Une nuit au port

Une nuit au port

Une nuit au port

Une nuit au port

Une nuit au port

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Héros moderne

La notion du flâneur comme figure mouvante prends une tout autre direction dans Héros moderne, de Sandra Lachance. Au lieu de se mettre au centre d’une flânerie térésienne, l’artiste a choisi de se concentrer son regard sur un avatar exemplaire de l’errance solitaire : le cow-boy. Il ne s’agit pas ici d’une figure mythique, mais, paraît-il, d’un cow-boy en chair et en os qui a fait un court séjour remarqué à Sainte-Thérèse, au cours de l’été 2011. Le travail de Sandra Lachance consistait à documenter la quête inusitée de ce cow-boy appelé Henry Naranaya, ou Blue Blood pour les habitués. C’est en lisant un article parue dans la section culture des journaux locaux Le Nord Info et La Voix des Mille-Îles qu’on peut en apprendre plus sur l’origine de cette entreprise. Il semble que l’artiste ait rencontré Naranaya en attendant un train à Saskatoon ; c’est à cette occasion qu’il lui aurait dévoilé son intention de se rendre à Saint-Thérèse pour y retrouver ses origines francophones. Lachance se serait alors décidée à faire du voyage d’Henry le sujet d’un projet artistique de documentation et d’installation. En effet, l’improbable arrivée d’Henry à Saint-Thérèse, son court séjour à l’hôtel HB et sa soudaine disparition ont suscité de l’intérêt parmi la population et fait courir des rumeurs au sujet de cette personne nomade. Durant la visite colorée de ce personnage, la ville est devenue le théâtre de plusieurs de ses apparitions plus ou moins fugaces ; et la lentille de Sandra Lachance était toujours au rendez-vous pour pérenniser les traces de son passage.

C’est l’errance d’un autre qui vient qui est ici le propos. C’est un travail construit autour d’un mouvement d’errance géographique à rebours : le cow-boy solitaire errant cette fois des frontière de l’Ouest vers le vieil Est. Mais c’est aussi le temps qui semble inversé par la présence de cette figure déplacée et anachronique ; un aspect que l’artiste a accentué lors du finnisage par des portraits   – exposés dans un décor-installation rétro- puisant directement dans l’iconographie mythique du genre western. De plus, invités en cette occasion à faire un tour à l’hôtel HB pour y voir la chambre du cow-boy, où celui-ci aurait laissé quelques traces singulières, les spectateurs pouvaient eu aussi, pour un instant, remonter la piste de cette intrigante péripétie. Il faut dire en outre qu’avec la présence, directe ou indirecte, de Naranya (soulignée entre autres par des affiches Wanted, des articles de journaux, une page Facebook), le centre-ville de Sainte-Thérèse prenait un peu des allures d’un décor de film western : on pense en particulier à l’hôtel HB, avec ses chambres et sa véranda d’époque. (…), la démarche de Lachance cherchait à attirer l’attention de la ville entière sur le passage de ce cow-boy baladeur. L’événement hors du commun documenté par Lachance a ainsi fait du chemin dans l’imaginaire des citadins, où le souvenir de cette inhabituelle visite va peut-être faire naître une légende : celle d’un certain Henry Naranaya, qui passa ici en 2011, en quête de … Et comme pour toute légende, les récits seront basés sur un bon mélange de vérité et de fabulation. Quoi il en soit, avec son intervention l’artiste a savamment souligné une errance solitaire pour changer un tant soit peu la configuration d’un imaginaire collectif toujours à la recherche d’un héros moderne.

Texte de Bernard Schütze tiré du livre Les Flâneuses.

 

 

 

 

Héros moderne

Héros moderne

Héros moderne installation

Héros moderne installation

Héros moderne installation

Héros moderne

Héros moderne

Héros moderne

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Logorrhée

Logorrhée

Cet oeuvre fait de chaque visiteur son personnage principal. La forme physique de l’installation est des plus dépouillée: il s’agit d’un banc et d’un écran, ce dernier étant relié à un projecteur et à un mélangeur vidéo. Sur l’écran sont projetées des images préenregistrées de gens qui parlent de leur quotidien, de tout et de rien. L’action de s’asseoir sur le banc déclenche une caméra qui filme le visiteur de dos. C’est alors que l’image du visiteur s’intègre aux images à l’écran qui soudain s’accélèrent. Le voilà personnage parmi tant autres, jusqu’à ce qu’il se lève du banc… La bande préenregistrée retrouve alors son débit normal. Le spectateur devenu à la fois personnage fera une curieuse expérience. Cette installation inusitée fait réfléchir à la solitude dans la multitude en notre société moderne.

 

Logorrhée

Logorrhée

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Notas de Observacion

Notas d’observacion

La démarche de « murs, limites et frontières » est développer en deux endroits des réseaux de communication qui lieront les artistes ainsi que les villes (Tourcoing, France, où habite SL et Pedro Aguirre Cerda, Chili, où ER fera le projet), qui se ressemblent beaucoup même si elles sont très éloignées. Les deux villes partagent des conditions de vie similaires : banlieues populaires nées du développement du textile qui a pratiquement disparu au présent, précaires, avec un taux de chômage élevé. Ce qui est très étonnant c’est que, malgré la distance, pourrait-on dire, elles sont des villes jumelles : les industries ont changé la vie des gens et, même si elles n’existent plus, les traces sont encore présentes.

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L.O.O.S. matricule 4444

 

L.o.o.s matricule 4444

4 Portes

4 Étages

4 Détenus

Des bruits sourds résonnent

Des paroles enfouies entre ces

4 Murs

Du centre de détention de Loos.

C’est une histoire de voix, les mots résonnent dans l’espace et percutent les murs. C’est une narration qui s’appuie sur le son  des cordes vocales pour diffuser des messages cachés entre  ces 4 murs. Souvent ils ont appris à se taire, les paroles sortent difficilement. Mais ils retournent, chaque soir, dans leur cellule avec pour seul réconfort ces 4 murs. Ils répètent doucement ces mots qu’ils ont pu entendre, tous ceux qui ont marqué le coeur et l’esprit. Doucement, ils les entendent et ils deviennent cette musique sourde, mais puissante dans cet environnement austère et froid.

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2008, Installation Sonore

Composée de 13 Hp, et de trois zone sonore

différentes. Le tube rouge sont des Hp directionnel d’où l’on retrouve la voix des détenus. Les Hp au Plafond diffusent le mélange de ses voix et une trame musicale. Les Hp au coin diffusent les son d’ambiances de la prison. J’ai spatialisé le son de façon à provoquer un mouvement .

 

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Par une nuit Froide

Depuis cette nuit froide d’hiver, je me demande ce qu’est l’amour, il est certain que l’amour est un sentiment euphorique et électrisant, mais à la fois, il peut figer et contraindre à la peur.J’ai donc décidé de me construire un monde où l’amour surgit à chaque instant. Au gré de mes réflexions, je me balade de villes en pays et je cherche l’amour, je ne sais pas lequel, mais je le cherche. Toutefois, j’en reviens toujours à me retrouver seule sans rien, car ces instants sont courts et je ne peux me permettre autre chose, contrainte par ce monde réel qui n’est pas le mien.

Cette oeuvre traite de l’absence et du manque. Texte par René Lapierre musique Gino Favotti. Devant chaque photographie, une enceinte diffuse la narration. Chaque photo possède son texte qui joue en boucle. Une spatialisation sonore crée une ambiance très cinématographique.

Par une nuit froide

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À mon dernier repas

À mon sens, un repas signifie un moment de partage, un moment d’ouverture sur les autres. Confidences et extravagances deviennent possibles, souhaitables même. Un repas parle des convives, il évoque une personnalité, rappelle une nature. Pourtant, un repas est bien peu de choses. La plupart du temps quotidien, banal, il possède un but foncièrement alimentaire. Pour ma part, je veux aller plus loin et le considérer comme un rituel social essentiel à l’expression des hommes, surtout avec toute la charge émotive et culturelle inhérente au dernier repas. Un dernier regard sur ce que furent leurs désirs, leurs espérances et ce qui a façonné leur vie. »
– Sandra Lachance

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Jeux d’enfants

Jeux d’enfants
Dans le cadre de Jeux d’enfants, projet présenté pour la première fois au public, l’artiste explore le passage à l’âge adulte, qui pousse l’adolescent à délaisser son insouciance et ses jeux d’enfant. Mais les règles du jeu sont confuses et la coupure avec l’enfance est parfois difficile… Jeux d’enfants a été rendu possible grâce à une bourse du Conseil des arts et lettres du Québec.

 

 

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